White Island – Un voyage sur la planète Mars !

Pas de quoi vous offrir un voyage sur la planète Mars, sur la lune ou autre planète intergalactique ? Offrez-vous une virée sur White Island à la place… ! Un lieu hors du temps et de l’espace, comme je ne pensais même pas qu’il en existait sur notre planète. Chers lecteurs, je vais vous conter là ma journée sur ce volcan actif perdu au milieu de l’océan, cette expérience unique que peu de gens ont la chance de vivre dans leur vie…
Parez au décollage … ?

L’histoire commence au port de Whakatane, la ville au contestable slogan « Everything Under the Sun ». Mouais, pas convaincue. Je crois bien qu’il y a publicité mensongère, duperie sur la tromperie.
Le plan militairement chronométré devait me conduire à embarquer le mardi matin pour une croisière vers White Island. Lundi soir, 19 heures, je reçois un appel de l’agence comme quoi ça craint du boudin pour cause de temps pourri, vagues pourries, possible éruption du volcan blablabla.
Ok. Après négociations avec ma famille au pair, je réussi à reporter l’expédition au mercredi matin. Mercredi matin, 8 heures, rebelote : ” temps toujours trop pourri, veuillez repasser plus tard. Pour demain, c’est du 50/50, une chance sur deux d’embarquer.” S’ensuit d’intenses interrogations, et dubitative devant la météo de la journée (pluie pluie pluie) le cruel dilemme se pose : j’y vais ? J’y vais t’y pas ? Volcan ? Pas volcan ?
L’expédition m’ayant coûté un bras + un rein, et n’ayant pas prévu de revenir dans ce coin-là par la suite (j’ai eu le temps de visiter Whakatane en long, en large et en travers durant ces 3 jours d’attente), je persiste et signe pour le jeudi matin.
Jeudi matin, 9 heures, appel de la madame croisière : « c’est bon, vous pouvez embarquer ! Par contre, vous allez morfler sur le bateau avec les vagues, et vous allez probablement vous retrouvez sous la pluie ». Ma p’tite dame, ça ne sera ni la première ni la dernière fois que je me promène sous la pluie en NZ. Comme quoi, tout vient à point à qui sait attendre (et qui a un visa d’un an et qui peut se permettre d’attendre 3 jours !).

Me voila donc toute jouasse sur le bateau (en haut au fond, là ou on ressent le plus les vagues parce que je suis comme ça moi, pas peur du danger), prête à naviguer, cheveux au vent, sur les “douces” vagues de Whakatane (c’est pas ce que dirait l’allemand, pâle comme la mort, qui a eu le mal de mer tout le long du trajet). On nous vend du rêve en nous disant qu’on aperçoit régulièrement baleines, orques, dauphins et autres cétacés lors de la croisière. Rien de tout ça pour moi (quitte à avoir la poisse…!) mais revoilà ma nouvelle copine l’otarie qui vient me faire un petit coucou et s’amuser dans les vagues du bateau.

Après une traversée aux petits oignons, apparaît une étrange terre aux milles couleurs, aux parois déchiquetées et ensevelies sous un nuage de vapeurs volcaniques…
No panic, les guides nous disent que cette fumée n’est « apparemment pas » une explosion. Ouf je suis rassurée. Surtout après avoir signé une double page d’instructions stipulant que la compagnie ne se tient pas pour responsable de brûlures, d’intoxications, d’accidents ou autre mort subite qui pourraient survenir sur l’île. Et on finit définitivement de me rassurer lorsqu’on nous fournit un masque à gaz avant d’arriver sur White Island. Comme je vous l’ai dit, no panic, après tout on est que sur un volcan actif qui peut se réveiller à tout moment. Je ne vois pas l’ombre d’une inquiétude.

 

I’m on an island
And I’ve got no where to swim ♪♫

Comme je vous sais avides de légendes maories, voici celle de White Island. Le grand prêtre maori Ngātoro-i-rangi, égaré dans le glacial mont Tongariro (au centre de l’île du Nord, sans aucun doute lors de sa petite ballade dominicale), invoque le feu sacré des ancêtres pour se sortir de cette situation. En chemin, le feu perce l’écorce terrestre, et donne naissance au volcan White Island.

En petits groupes d’irrésistibles gaulois, munis de nos plus beaux casques de chantier et de notre masque à gaz, accessoire qui rehaussera toutes vos tenues, nous mettons pied à terre sur une nouvelle planète, hostile, lunaire, ravagée, une terre hybride entre la lune et la planète Mars…

 

Fly me to the moon ♪♫
Whoa, oh, oh, oh, oh, whoa, oh, oh, oh, I’m radioactive, radioactive ♪♫

Tentant de se frayer chemin parmi l’odeur de souffre (ça pique les yeux et la gorge !) nous découvrons de nouveaux paysages aux roches blanches, jaunes, rouges, entre mares de boue en ébullition et lacs aux eaux turquoises acides. Les guides nous surveillent au grain : gare à celui qui s’égarera du parcours, certaines fumerolles atteignent les 800 degrés ! Pas besoin d’être abonné à Sciences et Vie pour comprendre que ça doit faire mal.
Le spectacle est saisissant, la terre craque, fume, gronde… On se sent vraiment tout petit face à cette nature (mais peut-on l’appeler nature quand tout semble mort et dévasté… ?) Les guides, très au fait sur les activités sismiques de l’île, nous apprennent une foule d’anecdotes et nous décrivent les conséquences des diverses éruptions de l’île, ou de ses glissements de terrain. L’un d’entre eux, en 1914, a d’ailleurs coûté la vie à de nombreux ouvriers exploitant les ressources du volcan, et dont on n’a jamais retrouvé les corps. Seul un chat aurait survécu à la catastrophe, ainsi que de nombreux débris et épaves de l’usine toujours présents sur l’île (bien que complétement oxydés). Un exemple de plus qui nous prouve que c’est la nature et non l’homme qui dicte ses lois en Nouvelle-Zélande…

 

Walking on, walking on the moon…. ♪♫

Is there life on Mars ? ♪♫

Après une promenade surnaturelle de 2 heures, il est temps de regagner la planète terre. Les guides s’échangent des consignes via leur talkie walkie, l’air légèrement inquiet (voire affolé !). J’aurais pu poursuivre la visite plus longtemps (malgré la toux sèche et irritée), mais je suis bien contente de rentrer en vie, avec tous mes membres et visiblement sans séquelle radioactive ! Une victoire de kiwi !

 

7 Replies to “White Island – Un voyage sur la planète Mars !”

  1. Mais tu vis dangereusement mon petit Kiwi !!!! Une vraie warrior !! Pas de 3e bras apparu depuis ?
    From Brest with love <3

    1. Non pas de 3eme bras, par contre je deviens verte poilue et ronde… J’ai bien l’impression que je me transforme en kiwi…

  2. Waouh c’est dingue ces paysages!
    J’ai l’impression que tu as beaucoup chanté durant cette visite. Ça doit pourtant pas être facile avec ce masque… 😉

    1. Détrompe-toi, ça donne un petit côté star wars “je suis ton pèèèèère”

  3. Tu as senti la terre trembler un peu la bas? Les photos sont hyper cool
    Tu feras aussi une évolution photographique de ta transformation en kiwi? C’est peut être un superpouvoir qui va naïtre?

    1. Hum très légèrement, mais je sais pas si c’est la terre qui tremblait ou moi qui était fatiguée!!

  4. Whaou c’est un peu fou ce paysage et très classe (et rassurant) ce masque ^^

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