Le paradis a un nom : il s’appelle Marlborough Sounds.

Le paradis sur Terre a un nom, et il s’appelle Marlborough Sounds. Quoique, après réflexion, je suis presque sûre que le paradis doit paraître bien fade à côté des Marlborough Sounds. Les Marlborough Sounds (aucun lien avec la marque de cigarette, je vous arrête tout de suite), se situent à la porte d’entrée de l’île du sud de la Nouvelle-Zélande (alors je vous laisse même pas imaginer le reste de l’île…!). Formées à la suite d’un affaissement de la croûte terrestre (désolée Alisha pour le mot croûte) et de la montée des mers, cette dentelle de vallées submergées sont réputées dans le monde entier pour leur beauté. Et même si c’est une région plutôt prisée par les touristes à la recherche d’ensoleillement, de calme, luxe et volupté, on y trouve encore de sublimes coins reculés, des plages à l’eau turquoise désertes et des côtes sauvages seulement peuplées de quelques moutons et/ou d’oiseaux au chant mélodieux et exotique. Si vous n’arrivez toujours pas à prévisualiser le tableau, un peu de patience, les photos arrivent (et risquent peut-être d’en faire souffrir quelques uns, fatigués par le looong hiver de France qui n’en finit pas. D’ailleurs j’ai vu aux infos ce matin, la grippe fait rage en France ? Ah mince alors c’est dommage). Oui allez-y, je vous laisse carte blanche pour me traiter de tous les noms d’oiseaux que vous voulez (néo-zélandais ou non) dans vos commentaires. M’en fou j’ai toujours la solution « de secours » de vivre recluse de la société quelque part dans une petite payotte cachée dans les Marlborough Sounds, là ou personne ne pourra me retrouver.

  • Un détour au détroit de French Pass, c’est mon petit côté patriote

Même si clairement, la ressemblance avec la France n’est pas frappante de prime abord… ! Alors j’étais avertie, pour aller au French Pass, au nord des Marlborough, il faut le vouloir et avoir la foi. La « route » ( =le chemin de terre) pour y aller est longue de 2h30, sinueuse et à flanc de falaise : j’y ai mis tellement de temps que j’ai cru un moment être vraiment arrivé en France. Heureusement que quelques moutons étaient là pour ambiancer le trajet et la route. Les moutons, mais aussi et surtout… LES PAYSAGES DE OUF MALADES DE LA MORT QUI TUE, tellement beaux que tu ne peux pas t’empêcher de t’arrêter toutes les 5 minutes pour faire une photo au milieu de la route (tu t’en fous il n’y a personne) ou simplement admirer la vue (où comment les 2h30 de trajet se transforment vite en …4 heures de trajet). Au bout de la péninsule et pour récompense : une sublime côte, une plage paradisiaque privatisée rien que pour moi (et les quelques dauphins qui nagent au loin) où j’ai pu faire trempette, et le fameux phare du French Pass (enfin je crois, c’est l’espèce de truc au milieu de l’eau, photo ci-dessous. Et ça se dit bretonne…). Pour la minute culture G, et parce que je suis sûre que vous mourrez d’envie de savoir ce qui se trame sous le nom du détroit de « French Pass »… Et bien le détroit a tout simplement été nommé ainsi en l’honneur de l’intrépide navigateur français d’Urville, qui a bord de l’Astrolabe, a bravé après plusieurs tentatives vaines ce très périlleux détroit, exposé aux fortes marées, au vent et à des fonds peu profonds. Assez profonds toutefois pour que des bancs de dauphins s’y prélassent ! Et surtout un en particulier, le fameux dauphin Pelorus Jack, qui a escorté les bateaux pendant près de 24 ans, et qui est devenu la mascotte des Marlborough.

C’est parti pour le paradis sur terre

Le détroit du French Pass et son espèce de “phare”
Ma petite plage privative s’il vous plaît

Même les moutons sont subjugués par la beauté des lieux (sauf un qui est visiblement subjugué par la mienne)

  • Queen Charlotte, tu n’auras pas ma peau

J’ai la théorie qu’en Nouvelle-Zélande, la beauté et la grandiosité des paysages est proportionnelle à la douleur physique que tu y laisses. Le Queen Charlotte Track est une rando qui traverse l’un des paysages les plus magnifiques que j’ai vu de ma vie : je vous laisse donc imaginer combien j’en ai chié, et ou comment le paradis se serait presque transformé en enfer… !

Je vous explique la situation.

Un bon matin ensoleillé, crème solaire appliquée, poom poom short enfilé et sandwich préparé, je décide de me lancer à la conquête d’une partie du Queen Charlotte Track, celle dite aux plus beaux points de vue, entre Te Mahia Saddle et Torea Saddle, environ 15 kms aller retour et de niveau plutôt facile. Jusque là ça va, ça ne me fait pas peur, j’ai connu pire. Sauf que j’aurai peut-être dû avoir la sage idée de jeter un œil à la météo ce jour-là. Je me retrouve donc au bout d’une heure à marcher en plein cagnard, sous 35 degrés, avec en tout et pour tout… 1 litre d’eau dans mon baluchon (le matin ça me paraissait un excellent choix, l’argument qui l’a emporté était celui de ne pas vouloir surcharger mon sac bien sûr). Très vite, je passe en mode survie «Woman vs wild », à rationaliser chaque goutte d’eau, et à m’arrêter sous un arbre bienveillant tous les 30 mètres pour avoir un peu d’ombre et de fraîcheur. J’avoue j’ai eu une petite sueur d’angoisse (parmi les litrons d’autres gouttes de sueurs que j’ai évaporé ce jour-là) lorsque j’ai vu la partie de rando complètement exposée au soleil qui mène au sommet le plus élevé du parcours. Quoi qu’il en soit, j’étais pas là pour être ici, alors j’ai pris mon courage à deux mains, bu 3 gouttes d’eau supplémentaire et ai escaladé la montagne, tout ça sans coup de bambou s’il vous plaît. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à la fin du parcours, je sais pourquoi j’ai sué chacune des gouttes d’eau que compose mon corps : je vous laisse juger par vous même ci-dessous photos à l’appui la beauté du lieu (le mot beauté étant presque trop faible à mon goût).

Température ambiante au lever du jour
2 heures après, c’est la grosse canicule

Soignez bien votre grippe surtout
A la recherche d’un arbre pour un peu d’ombre

Coucher de soleil: on y respire de nouveau

Note de la Je peux pas j’ai haka rédaction : ce jour-là, et ça je l’ai su le soir après ma rando, c’est là qu’il a fait le plus chaud en Nouvelle-Zélande, plus chaud que dans toutes les îles du Pacifique, et plus chaud encore qu’à Alice Springs (au centre de l’Australie, dans le désert rouge, sec et aride du bush). Charlotte t’as vraiment cru que t’allais me faire la peau, c’était pas loin mais c’est raté. Tu peux encore essayé. Je suis plus tenace qu’un sandfly affamé (fuck you les sandflies).

La région du Marlborough, est également une région réputée mondialement pour sa gastronomie, ses moules vertes (on parle bien ici du fruit de mer), et pour la qualité de son vin, notamment de son Sauvignon blanc. Pour n’avoir testé aucun des deux, je n’ai rien à raconter sur ce sujet (voilà voilà c’est moi la blogueuse voyage qui ne sert à rien. Le Guide du Routard et Lonely Planet, si vous pouviez quand même envisager de m’embaucher ça serait cool).

Allez, c’est pas que ça m’ennuie de rédiger cet article mais j’ai tout le paradis à explorer, alors ciao.

5 Replies to “Le paradis a un nom : il s’appelle Marlborough Sounds.”

  1. Oui les moules vertes de la taille d’un steak! Elles sont trop bonnes! Si tu vas dans la Marlborough Valley essaye de faire un p’tit vignoble , Cloudy bay est top et tu verras peut être mon pote Victor 😉!
    Tu as eu bcp de piqûres de ces saloperies de sandflies?

    1. Raaa ouais, mon corps est couvert de cicatrices de sandflies, c’est vraiment la plaie ces petites bêtes! ça marche, je note l’adresse si je retourne au Marlborough Valley 😉

  2. Pouahpouah Pouah c’est trop beau !

    1. Ouiii vous y êtes allé ou pas encore??

  3. Ayant actuellement une enfant (adorable certes) endormie sur moi alors que je suis encore en pyj, je peux dire haut et fort (Enfin pas trop car je veux pas la réveiller) que ça fait rêver!!! Magnifique 🙂 je rattrape toutes les lectures de ton blog que j’ai ratées. Éclate toi bien !!! Bisettes

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