Le bilan : 1 an en Nouvelle-Zélande, 1 an la tête à l’envers …

Comme dirait les Neg Marrons, « le temps passe et passe et beaucoup de choses ont changé… »

Tâchons donc de faire le bilan, calmement, en se remémorant de chaque instant.

Pour résumer l’aventure: moi, ma kiwimobile, un mouton, la Nouvelle-Zélande.

Le 7 juin 2017.

Peu de gens se souviennent de leur naissance.

Je ne me souviens pas bien de ma première naissance dans cette vie, mais je me souviens très bien de mon autre naissance, celle qui a eu lieu il y a maintenant de cela un peu plus d’un an.

Le 7 juin 2017, c’est le jour où mon avion s’est envolé de Paris, pour un long voyage de 2 jours, à destination de la Nouvelle-Zélande : ce pays du bout du monde, qui allait définitivement changer le cours de mon histoire…

Je savais que j’étais sur le point d’entamer « le voyage de ma vie », cette expérience qui allait me marquer, me bouleverser, me changer: seulement, je ne savais pas encore à quel point.

Je m’interrogeais dans le premier article de ce blog, il y a un an : « mon instinct a t-il vu juste ? ».

La réponse est : OUI. Il a vu juste.

Je crois qu’avant toute « renaissance », il y a une mort.

Le mot est fort, sûrement trop extrême, mais finalement il est vrai : j’ai enterré celle que j’étais avant pour devenir « la nouvelle moi ».

Je ne sais pas bien quand est-ce que j’avais commencé à dépérir : sans doute était-ce au moment de mon entrée dans la vie active. Mes études terminées, de langues et civilisations étrangères, portées sur le voyage, le tourisme, et le rédactionnel, m’ont finalement fait dériver dans un domaine complètement différent : l’approvisionnement, dans une entreprise de textile, puis de décoration. Secteurs qui me plaisaient incontestablement, et qui je pensais, allait répondre à mes besoins « créatifs » et « d’évasion », puisque tournés vers l’international.

Besoins que j’ai mis rapidement au placard pour répondre aux exigences du métier d’approvisionnement : les sciences analytiques, la rigueur, la précision, les chiffres, l’anticipation des besoins ; un métier où rien n’est laissé au hasard.

Alors que moi, le hasard, j’adore ça !!! Et que les chiffres, les analyses… c’est relou !!!

Quoi qu’il en soit, mon esprit curieux a tout d’abord adoré la découverte de ce métier, l’apprentissage de ces nouvelles choses qui peuvent être réellement intéressantes : jusqu’au moment, qui est venu assez rapidement finalement, où j’ai commencé à ne plus rien apprendre. Pire : à me lasser. Sentiment de lassitude d’abord, puis d’ennui extrême ensuite, cumulé à un climat tendu et instable au sein du service dans lequel je travaillais, m’ont vite conduit à ce mal du travail, générationnel et que vivent beaucoup d’entre nous, peut-être toi aussi: non pas le « burn-out » chez moi, mais le « bore -out ».  Définition: “Syndrome  de l’épuisement professionnel par l’ennui”.

Là où l’expression « s’ennuyer à mourir » prend tout son sens… Le sentiment d’accomplir un travail répétitif et chronophage, peu épanouissant et dépourvu d’intérêt, dans un environnement où nos compétences sont sous-exploitées, si ce n’est ignorées : par nos employeurs, mais aussi par nous-mêmes, finalement. Travail qui ne m’occupait pas vraiment l’esprit, et que je n’avais pas vraiment envie d’occuper de toute façon, plus intéressée à écumer les blogs de voyage à longueur de journée (MEA CULPA si mon ancien employeur passe par là : mais sans cela, « Je ne peux pas j’ai haka » n’aurait peut-être jamais vu le jour… !), en me disant : pourquoi pas moi ? Pourquoi suis-je coincée dans ce bureau pendant que d’autres s’éclatent au bout du monde ? Pourquoi ? Et cette impression latente à la fin de la journée de ne pas comprendre la finalité de ce travail, la frustration de ne pas avoir fait quelque chose d’utile pour soi-même, pour les autres et pour le monde… Et que le lendemain : ça sera la même chose. Et pareil le surlendemain. Et encore pareil le jour d’après. En fait, pareil tous les jours, jusqu’à mort s’ensuive (ANGOISSE). Quelle étrange sensation, celle de devoir chaque jour aller s’enfermer dans cette prison que l’on s’est soi-même construite ! Derrière ces barreaux, avec ses désirs d’évasion, de voyages, de nature, d’aventures… !

Sans compter les multiples « maux » dont j’étais constamment victime : des maux de têtes récurrents voire quotidiens, des maux de gorge qui ont presque duré 1 an non stop, des maux de ventre intenses puisque le stress me tordait les boyaux, du bruxisme la nuit en ressassant inconsciemment les tracas de la journée, une nuque hyper tendue puisque je portais tout le poids du monde sur mes épaules, un dos en compote parce que j’en avais plein le dos, une hanche en vrac, une vue qui s’empirait (qu’ouïe-je ? Il me faut des lunettes ??…) Bref : un corps en bien piteux état à force de stresser toute la journée, assise devant un ordinateur.

Tout cela, après seulement… 3 ans de vie « active » sur le marché du travail. À seulement 25 ans. À l’âge où on est censé être plein d’énergie, de fougue, d’audace : moi, je m’étais éteinte.

Désillusionnée par le monde du travail.

Déçue.

Perdue.

Et tout cela finalement, pourquoi ? Pour payer les factures. Et pour se conformer à ce que nous dicte la société depuis notre tendre enfance et faire « bien comme il faut » ; faire de longues études pour pouvoir trouver un travail à la hauteur de ces études (…) et pas n’importe quel travail : celui avec un CDI à la clé, le Graal ! Bien payé qui plus est, parce que c’est important d’avoir « une bonne situation ». Sans oublier de trouver un charmant mari pour pouvoir acheter une maison parce qu’il faut une maison, se marier bien sûr, construire une famille, blablablabla.

Non pas que je dénigre ce choix de vie, cela me rend très heureuse de savoir les gens heureux de ce schéma : mais il n’est juste pas le mien. Non pas qu’il ne le sera jamais, qui sait : mais pas à ce stade de ma vie. Pas maintenant.

Et ça, la société, cette bougresse, elle s’est bien gardée de nous le dire : qu’il existe aussi « autre chose » que cela… Et que ce n’est pas grave de pas être comme tout le monde, de ne pas faire comme tout le monde : au contraire ! Il y a tout un monde à découvrir en dehors de cela…

Bref, dans tout ce flou artistique qu’était ma vie, heureusement, quelques bouffées d’oxygène, quelques bouffées d’air frais, quelques bouffées de lumières qu’étaient mes vacances, ces 5 petites semaines dans l’année que je passais indubitablement à l’étranger. Découvrir de nouvelles contrées, entendre d’autres langues que la mienne, savourer des plats locaux, rencontrer de nouvelles personnes de tout horizon, me mêler à d’autres cultures, explorer des paysages à couper le souffle emportant les petits tracas du quotidien très loin… Profiter de ces petits moments que nous offre le monde et qu’on oublie de voir : un lever de soleil, un coucher de soleil, le bruit du vent dans les arbres, la vague qui se meurt sur une plage, le chant d’un oiseau dans le tumulte d’une ville, le silence absolu de la montagne…

C’est là tout ce qui m’animait, qui m’anime et que je cherchais à retrouver, sans vraiment le savoir.

L’appel de l’étranger se faisait clairement entendre, et l’idée de prendre un nouveau départ commençait à germer petit à petit…

Et si… ? S’il y avait autre chose, derrière les barreaux de ma prison ? Et si la vérité était ailleurs… ? ( sur le son du générique de X-files).

Moi en voyage: le cheveu plus gras certes, mais une bien meilleure mine!

Puis, des signes du destin, des rencontres, des conseils, des gens qui un jour m’ont tendu la main… Notamment ce conseil, de ma mamie, qui m’avait dit inopinément lors d’un repas de famille : « t ‘as raison ma fille, il faut profiter, voyage! ».

(Mamie, si tu m’entends de là où tu es : c’était un rudement bon conseil, vache de mouche!).

Enfin, ces vacances au Québec, là où la graine s’est finalement mise à germer ; un soir, avec ma super poto Alisha (big up meuf), on parlait tour du monde, on parlait voyages, on parlait PVT…

Et chtiiiiing !

La lumière fût.

Je ne savais pas précisément où, je ne savais pas comment, je ne savais pas pourquoi, mais qu’importais : la décision était prise. Quoi qu’il arrive, je me promettais de partir 1 an plus tard.

Et instantanément, ce lourd poids sur mes épaules que je traînais depuis plusieurs années : envolé ! Libérée ! Délivrée ! C’est décidé je m’en vaiiiiiiis »

(Ouiiiiii j’ai osé paraphraser la Reine des Neiges, sans honte, sans foi ni loi !!!)

Un délai d’un an donc, pour poser les jalons que serait ma nouvelle vie : un an pour économiser jusqu’au moindre sous, préparer ma démission, vendre mes meubles, me débarrasser du superflu (par cela j’entends une centaine de paires de chaussures), préparer mon sac de 60 litres (aie), répondre aux questions des plus … sceptiques (« Je ne suis pas folle vous savez »), et, le plus difficile, un an pour dire au revoir.

Dire au revoir à ses collègues qui ont toujours été un soutien malgré les tempêtes, à ses colocs avec qui ont partagé plus qu’un bout d’appartement, à son groupe de super potos nantais, à ses amis d’Erasmus, ses amis d’université, de lycée, de collège, que dis-je, d’école primaire !!! À sa famille qui ne m’a jamais empêché de réaliser mes rêves, et qui m’a même encouragé dans cette folle décision, à ma petite nièce que je ne verrais pas grandir pendant plus d’un an…

À toutes ces personnes, et à toutes les autres qui ont laissé leur trace dans ma vie et, bien que je parte seule, que j’embarque toutes avec moi à l’autre bout du monde.

Tout ce chemin, pour en revenir à cette fameuse date : le 7 juin 2017.

Un long chemin…

La suite, vous la connaissez grâce à la lecture de ces 48 articles sur ce blog.

Blog, où j’ai essayé de retranscrire mes aventures le plus fidèlement possible, avec « ma patte » et surtout avec passion. Et si je n’ai pas réussi à vous montrer à quel point j’aime la Nouvelle-Zélande, à vous faire voyager avec moi, à vous faire découvrir toutes les beautés de ce pays et à vous montrer à quel point il m’a transcendé, transformé, exalté, bouleversé, émerveillé, épanoui : c’est que j’ai échoué dans ma mission. Et qu’il faut que j’arrête d’écrire et que je me trouve un nouveau passe-temps loin de tout écran d’ordinateur.

Ça serait dommage, parce que j’ai encore quelques articles de nouvelles contrées exotiques sous le coude qui pourrait bien vous divertir, et surtout, un nouveau projet humanitaire au Sri Lanka qui arrive très prochainement, et qui je suis sûre sera source de beaux articles.

Hier en Nouvelle-Zélande, aujourd’hui en Australie à la recherche de kangourous et de diables de Tasmanie, demain en plongée pour découvrir les poissons de Malaisie, après-demain en volontariat au Sri Lanka auprès d’écoliers…

… Et qui sait ce que l’avenir me réservera par la suite ! Quoi qu’il en soit, je sais maintenant qu’il sera toujours plein d’aventures, de découvertes, de surprises, de rebondissements… ! et que plus jamais l’ennui viendra frapper à ma porte. Ni tous ces « maux » de mon corps dont je vous parlais et qui se sont d’ailleurs évaporés le jour où j’ai posé le pied en Nouvelle-Zélande.

La Nouvelle-Zélande… Certaines de mes collègues avaient prédit vrai; je suis tombé amoureuse. Non pas d’un homme aux jambes poilues, non… Je suis tombé amoureuse de la Nouvelle-Zélande, de tout un pays entier : de son peuple, de sa culture, de son art de vivre, de ses forêts, de ses montagnes, de ses lacs, de ses kéas…

Et vu toutes les belles choses qui me sont arrivées dans ce pays et la chance que j’ai eu, je crois bien que c’est un amour réciproque…!

Et c’est pas n’importe quelle amour : le vrai, le GRAND amour. L’amour inconditionnel, passionnel et irrationnel, qui durera toute ma vie. Une histoire d’amour qui ne fait que commencer, dont je n’ai écris que le premier chapitre d’un long roman (un chapitre de 48 articles exactement!!!).

On dit qu’on ne choisit pas sa destination de PVT par hasard : finalement, je ne sais pas si c’est moi qui ai choisi la Nouvelle-Zélande ou si c’est elle qui m’a choisi, en tout cas, toutes les deux, on s’est bien trouvées : ça n’aurait finalement pas pu en être autrement.

L’appel de Kiwiland

C’est avec un gros pincement au cœur et non sans émotion que je termine de rédiger ces dernières lignes de mon aventure en Nouvelle-Zélande… Pincement à mon cœur déjà déchiré, lorsqu’à l’aéroport d’Auckland, 1 an après cette fameuse date du 7 juin 2017, j’ai dû dire au revoir à ce pays qui est maintenant le mien, mon chez moi, ce pays que j’ai dans la peau…

I’ve got you under my skin

Que dire de plus, à part un énorme MERCI, à vous mes fidèles lecteurs (et nombreux : 10 056 visiteurs à ce jour depuis le début de ce blog; qui êtes-vous donc ? Que me voulez-vous ?!), dont les encouragements et votre soutien m’ont porté tout au long de l’année. Vos commentaires, vos réactions m’ont fait sourire, rire, m’ont ému, et m’ont aidé à améliorer ce blog et à poursuivre toujours plus mes folles aventures en Nouvelle-Zélande. Mon blog, cette preuve vivante que je n’ai pas rêvé cette année, qu’elle était belle et bien réelle…. !

Alors merci, merci, merci. Merci vous, merci moi, merci la vie.

Enfin, je conclurais par cette fameuse citation de l’Évêque Jean-Baptiste Pompallier, missionnaire français à la destinée hors du commun en Nouvelle-Zélande, à l’attention d’un chef Maori lui souhaitant la bienvenue dans son pays :

« Tu sais combien je t’aime, puisque pour toi et ton peuple, j’ai quitté ma famille et mon pays ».

Dommage : s’il ne m’avait pas précédé de quelques 180 années, cette citation aurait été la mienne, en hommage à mon amour pour la Nouvelle-Zélande.

Coucher de soleil sur cette année en Nouvelle-Zélande

Une question, qu’est la suivante, persiste sur toutes les lèvres depuis le début de ce blog : « a t-elle finalement réussi à détruire l’anneau unique… ? »

Haha ! C’est un secret. Que serait-ce la vie sans un peu de mystère… ?!

🙂 <3

 

3 Replies to “Le bilan : 1 an en Nouvelle-Zélande, 1 an la tête à l’envers …”

  1. Je ne trouve pas vraiment les mots, c’est chamboulant (du coup j’opte pour le néologisme). Tsunami d’émotions dans cet article.. J’espère pouvoir philosopher sur le sens et la beauté de la vida avec toi très prochainement. Miss you <3

  2. Superbe article Fristanket! Hâte de rencontrer la nouvelle toi! La version précédente n’était vraiment pas terrible, espérons que celle ci sera mieux ! :p Kiss lov’

    1. Quelle biatch! tu mériterais que je retire la phrase sur la super poom poom coloc tiens!! :p

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