La légende Maorie du Mount Maunganui, repoussé par l’aurore

J’ai longuement hésité à nommer cet article « J’ai testé pour vous l’ascension du Mount Maunganui avec une diarrhée », mais je me suis dit que c’était finalement peu accrocheur, et je ne voudrais pas dégoûter mon fidèle lectorat ! Hum, je sens tout de même bien que j’ai suscité toute votre attention…

Tout commence quelques jours plus tôt, lorsque ma fibre animale se réveillant, je décide gaiement d’aller avec les enfants m’occuper des petits veaux nouvellement nés, tout mignons tout beaux dans la ferme dans laquelle je vis (me voilà donc comme un coq en pâte à la ferme ! Coq… ferme… vous voyez le rapprochement ? Ok. C’était pas très drôle.). Après avoir assisté à la naissance d’un veau, je rentre à la maison, la larme à l’œil, prête à savourer mon petit-déjeuner. Un petit lavage de main furtif, un changement de chaussettes et me voilà dégustant mon bol de coco pops.

Et là, c’est le drame. Quelques jours plus tard, je me réveille avec une affreuse migraine, une grosse fièvre, des courbatures (je n’arrivais même plus à lever le bras gauche et à tourner la tête), l’envie de vomir et la diarrhée (bon appétit bien sûr). Et oui, j’apprendrai qu’un petit lavage de main furtif n’est point suffisant après un bichonnage de veau… ! J’ai attrapé un virus bien sympathique assez courant dans les fermes, qui s’attrape au contact de veaux, de poulets, et autres animaux du zoo. Ce que j’ignorai à l’époque, c’est qu’une intoxication alimentaire allait gentiment finir de m’achever une semaine plus tard… !
Bref, sur le moment, bien que je nous vois mourir dans d’atroces conditions (moi et mon sens de l’exagération), ni une ni deux, je rassemble le peu de force qu’il me reste, et décide de partir quand même à l’exploration et de me rendre tant bien que mal au Mount Maunganui.

Le Mount Maunganui est la porte d’entrée de la région la plus ensoleillée de la Nouvelle-Zélande, la Bay of Plenty (ou Baie de l’Abondance). Il désigne à la fois le village balnéaire se situant à quelques kilomètres de la ville de Tauranga, mais aussi le volcan sacré en sommeil (le Mauao) qui surplombe la ville. Même en hiver, le lieu reste une destination de vacances privilégiée des néo-zélandais qui apprécient ses plages et ses nombreuses possibilités d’activités estivales.

Le Mauao tient son nom d’une bien belle légende maorie. Pouvant se traduire par « rattrapé par l’aurore » (j’y suis pour rien là-dedans, promis !), la légende veut que le Mauao fût un jour une montagne sans nom, dont l’amour fût rejeté par la montagne Pūwhenua, son cœur appartenant déjà à la montagne Otanewainuku. Une nuit, sans plus aucun espoir, la montagne sans nom supplia les créatures féeriques de la forêt de le pousser jusqu’à l’océan Pacifique pour mettre un terme à sa souffrance. C’était sans compter sur la fuite des malignes créatures de la forêt, aux premières lueurs du jour, le laissant paralysé au bord de l’océan Pacifique.

Je ne sais pas si ce volcan souffre toujours de son amour non partagé, en tout cas moi j’ai bien souffert pour le grimper. Mais tous ces efforts ne furent pas vains: son sommet offre une vue époustouflante sur la ville, et sur un large panorama de la Bay of Plenty, l’océan Pacifique à perte de vue…!

 

Le voila le Mauao, ou “l’Everest” en cas d’extrême maladie!

Petit aperçu de la Baie de l’Abondance

The view sur Mount Maunganui et sur la plage propice à la sieste

Ci-gît Aurore, cette fois repoussée par le Mauao qui tient sa revanche

Même pas peur

A bout de force, je redescends péniblement jusqu’à la plage, et entame une sieste salvatrice au bord de l’eau, parmi les touristes. Puis je me lève, fais deux pas. Puis refais une deuxième sieste. Puis me traîne misérablement jusqu’à ma kiwimobile (sans aucune aide des créatures de la forêt) pour une troisième sieste, avant de me coucher le soir même à 19 heures et profiter d’une “petite” nuit de 13 heures. Pas facile tous les jours la vie de PVTiste…!

À la lecture de ces quelques lignes, je ressens votre anxiété et vous imagine en totale angoisse concernant mon état de santé. Je vous rassure donc: un mois plus tard, j’ai recouvré mes forces, repris mes 2 kgs perdus, et suis vaillamment retourné affronter les veaux (suivi cette fois d’un lavage de main au karcher.) Même pas peur: il en faut bien plus pour m’anéantir et pour m’empêcher de gravir des montagnes!

4 Replies to “La légende Maorie du Mount Maunganui, repoussé par l’aurore”

  1. Et ben quelle histoire !!
    Contente d’apprendre que tu as retrouvé tes forces quand même… Maintenant je serai encore plus vigilante sur le lavage de mains, même si je n’ai pas forcément l’occasion de rencontrer des veaux ^^
    Jolie légende pour cette montagne, quoique un peu triste mais toujours une vue époustouflante et des aventures toujours aussi bien racontées <3

    1. Si j’ai survécu à 4 enfants, c’est pas des veaux qui vont m’abattre 😉

  2. Les joies de la ferme…et de ton intestin!
    J’admire ton courage et à ce que je lis tu ne considères plus comme une touriste? 😉

    1. Plus une touriste, pas une résidente.. Je suis un hybride entre les 2 😉

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