Je peux pas j’ai kangourou #3 – Tasmanie, after the rain, the sun

Et cette question donc de rester en suspens; la (presque) jeune demoiselle, seule, frigorifiée, apeurée et désormais sans Devil’s mobile (et donc sans maison et sans moyen de locomotion autre que ses gambettes) a t’elle donc trouvé une solution? Mieux, a t’elle donc survécu à cette terrible et douloureuse épreuve de la vie? (#no drama) Ou est-elle toujours en train d’errer dans l’endroit le plus hostile de la Tasmanie voire de la Terre, poursuivie par une horde de diables fou furieux à ses trousses? Mais dans ce cas, qui a donc pris les commandes de la compagnie ‘Je peux pas j’ai haka’…?!

Sunset, Bicheno

Je sais, beaucoup d’interrogations, beaucoup d’angoisses, alors qu’il suffisait seulement de se souvenir d’une chose. Mes amis, c’est l’heure d’ouvrir vos cœurs et vos chakras, ceci est le message du vieux sage (ou plutôt de la vieille folle qui est restée trop longtemps seule à croupir dans sa voiture): “après la pluie… vient le beau temps!”.

Bay of fire

Ce proverbe, mes amis, c’est la base de la survie mentale en Tasmanie (et un peu dans la vie aussi); après toutes les pires tempêtes, les journées de pluie incessante, de grêle à vous geler la moelle, après les moments de solitude, de doutes, de remises en question, de pannes, d’incidents et des pires attaques diaboliques que t’envoie la life = le soleil revient toujours pour réchauffer nos petits cœurs.

Glaglagla au Ben Lomond

Un rrrrrayon de soleil, sur ton si beauuu visageee , et me voilà repartie comme en 40: moi qui était prête à laisser la voiture en plan, quitte à perdre ma caution, 500 dollars rien à fout’, et faire du stop jusqu’à Hobart où j’aurai hiberné près d’un chauffage sous un plaid bouquin à la main et une tasse de thé dans l’autre, jusqu’à mon départ pour Sydney: un rayon de soleil, mes amis, et le show must go on. Même la Devil’s Mobile semble reprendre du poil de la bête: certes, il ne faut pas trop lui en demander, elle semble toujours en souffrance dans les montées, mais la bougresse tient la route!!! Vous avez sûrement dû croiser ce genre de relou dans votre vie de conducteur? Vous savez, celui qui avance à 40 km/h dans les montées, pied au plancher, et qu’on ne peut pas dépasser car trop dangereux alors qu’on est pressés et qu’on a pas que ça à foutre? Ce relou… c’est moi!!! Encore un avantage de voyager en Tasmanie en plein mois de juin: il n’y a pas âme qui vive sur la route, c’est donc tranquillement qu’on conduit le matin, doucement qu’on conduit l’après-midi (et sans tuer de marsupiaux s’vous plaît).

Mt Field NP

Lake Seal: je suis STOIQUE.

Quoi qu’il en soit, la Tasmanie, probablement consciente d’avoir poussé le bouchon un peu trop loin Maurice, se pare de ces plus belles couleurs et parfois même d’un immense ciel bleu rien que pour moi et rien que pour se faire pardonner.

Et bien, madame la Tasmanie, je te pardonne: finalement, c’est toujours quand on arrête de programmer un parcours, quand on se laisse porter par la vague et qu’on a plus trop d’attentes, qu’on découvre les plus belles et les plus étonnantes facettes d’un pays, d’une région.

Et Dieu (ou tout autre individu ayant visité la Tasmanie à l’occasion) sait à quel point la Tasmanie peut-être saisissante, que dis-je renversante de beautés…

Honeymoon bay at Freycinet NP
… Il y reste une partie de mon cœur

Où est Wallaby? Il se cache tout petit dans cette photo… Saurez-vous le retrouver?

Et qui sait qu’est content quand la pluie s’arrête? Moi, oui, certes, mais surtout… les wallabies!!! Que je vois par millier s’enjailler, à la fois ragaillardis par le soleil et à la fois apeurés par ma présence inattendue: ça se secoue dans les buissons et ça bondit dans tous les sens (je parle à la fois des wallabies et de moi-même. Je vous l’ai dit, je suis hyper contente que le soleil soit de retour).

“T’es qui toi qu’est-ce tu veux”

Je m’émerveille des plus beaux paysages de la Tasmanie au Freycinet Park, m’amuse des couleurs des rochers oranges de la Bay of Fire, crapahute dans la neige au Ben Lomond (flash info: la neige, c’est froid, surtout sans chaussures waterproof), reste stoïque devant le panorama du Lake Seal dans le Mt Field National Park…

Je clôture mon périple par le Tasman National Park (que les autres visitent en premier mais encore une fois, je ne fais rien pareil que les autres): après avoir frôlé le malaise vagal à l’ancienne prison de Port Arthur (sensibles aux “énergies”, s’abstenir: il se passe des trucs vraiment, vraiment bizarres là-bas… que je raconterai peut-être un jour un soir de tempête d’hiver pour foutre la frousse aux enfants), je me promène le dernier jour, l’âme en peine de quitter cette île que j’ai finalement réussi à apprivoiser et qui a définitivement conquis mon cœur… Et là, magie! J’aperçois deux dauphins en train de jouer dans l’eau, puis quelques temps après… une baleine!!!! Une baleine qui fait mumuse aussi pendant que je randonne le long du Cap Raoul Track! Et là, je réalise la chance que j’ai: je me promène dans un endroit magnifique, il fait beau, et je suis là, en train de regarder une baleine: la vie est belle. Sans oublier la centaine de wallabies qui continuent de bondir, et les magnifiques oiseaux et colorés perroquets qui rythment mes promenades.

Sunrise, Tasman NP

Où est Flipper? Un dauphin se cache dans cette image: saurez-vous le retrouver?

On my way to Cap Raoul
Cap Raoul, le spot à baleines 😉

La Tasmanie, c’est sûr, j’y reviendrai. Arrivée avec le préjugé de “toute façon, ça sera pas aussi beau que la Nouvelle-Zélande” (en même temps… y’a t’il quelque chose de plus beau que la Nouvelle-Zélande?), je m’en suis pourtant pris plein la vue. Je pense que c’est l’un des rares endroits de la planète encore préservé, plus encore que la Nouvelle-Zélande, ceux d’où l’on se sent immensément minuscule face à la nature… Et même si ce n’est pas l’endroit touristique le plus populaire d’Australie, c’est de loin celui que j’ai préféré (avec peut-être les Blue Mountains et la région du Queensland). Bien qu’il me reste tellement de choses à voir en Australie (une vie est-elle suffisante pour faire le tour de l’Australie? Je ne crois pas!).

Bref, si vous avez adoré (ou que vous pensez adorer si vous n’y êtes pas allé) la Nouvelle-Zélande, que vous êtes un amoureux de la nature, de la marche, des animaux, d’authenticité, et que la pluie ne vous fait pas peur: FONCEZ en Tasmanie, vous ne serez pas déçus, et vous en ressortirez probablement comme moi, les étoiles pleins les yeux (et une Devil’s mobile en rade haha!), prêts à résigner direct pour y retourner!!!

La Tasmanie: un trésor.. L’un des plus beaux trésors de la planète…

Respectez bien vous aussi le pacte avec le diable, et vous découvrirez…

… Le trésor

2 Replies to “Je peux pas j’ai kangourou #3 – Tasmanie, after the rain, the sun”

  1. Splendide ! Ta persévérance t’a menée vers des paysages magnifiques, chapeau !

  2. Des Baleiiiiiiiiiiiines

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