Je peux pas j’ai kangourou #1 – Melbourne, sa bouffe, ses koalas et sa Great Ocean Road

Mon aventure kiwi terminée, alas, mes vacances îlescookesiennes consumées, ô désespoir, me voilà démunie, errante, perdue, sans savoir où aller : j’opte pour un billet simple et pas cher vers Melbourne, Australie, pays du kangourou à gogo. Je sais, y’a pire comme solution de repli.

L’Australie et moi, c’est une vieille histoire d’amour : c’est même mon premier amour, ma première grande destination, celle qui m’a donné le virus du voyage à tout jamais, du haut de mes 16 pommes… ! A l’époque, j’avais traversé la côte Est, de Brisbane à Cairns, en colonie de vacances (plus classe qu’une colo à Périgueux, non ?! Même si je suis sûre que le Périgueux c’est fun). J’étais tombé en amour total pour le pays : trop jeune pour y rester, je m’étais cependant faite la promesse qu’un jour, coûte que coûte, j’y reviendrai, morte ou vive !
Il m’aura fallu 12 ans (ne faites pas le calcul de mon âge, pas la peine), 12 ans avant que je ne tienne ma promesse. Après avoir traversé la planète pour visiter la Nouvelle-Zélande, ça aurait été dommage de passer à côté de son voisin, cet immmense pays de la taille d’un continent, dont il me reste tellement à découvrir ! Et l’Australie, c’est un peu comme un pain au chocolat ou un croissant (# Bonjour, je m’appelle Aurore et je n’ai pas mangé de viennoiseries depuis 1 an) : on peut rarement être déçu.

Pourquoi donc Melbourne, me questionnerez-vous ? Et bien… Aucune idée. Mais pourquoi pas.

J’ai vite trouvé la réponse à la question en déambulant dans les rues de Melbourne : cette ville, c’est le PARADIS de la bouffe. PARADIS de la bouffe gouverné par un DIEU spécialisé dans la bouffe asiat’. D’autant plus après 10 jours au régime noix de coco/glaces Tiptop aux îles Cook ! La première attraction de la ville, le must-see, le thing to do and le place to be (THE level en English, je sais!)? Chinatown. C’est là que se trouve tout ce que vous devez faire à Melbourne. Voire en Australie. Voire en Océanie. Cuisine chinoise, japonaise, indienne, thaïlandaise et autres pays exotiques d’Asie… Quand tu ne vas pas en Asie, l’Asie vient à toi. Il y en a pour tous les goûts, tous les budgets, mêmes les plus limités, à n’importe quelle heure de la journée ou de la nuit, et pas de problème pour les végans/végétariens/intolérants/allergiques/relous : on m’a même demandé dans certains restaurants tout de go si j’étais végétarienne, avant même que je pose mon fessier dans le restaurant, salive au coin de la bouche, baguettes à la main.
Voilà donc comment j’ai globalement occupé mes 5 jours à Melbourne : à manger.

La porte d’entrée du paradise de la bouffe

Qui l’eut cru, le tofu ça peut être divin!

Et aussi à me balader, histoire de faciliter la digestion, dans les musées et galeries d’art, qui font quand même cruellement défaut ailleurs en Océanie. Et aussi à communiquer avec ce nouveau perroquet, tout aussi sympathique et non-moins farouche que son cousin néo-zélandais le kéa. Enfin, avant que j’apprenne qu’il peut inopinément t’arracher un doigt si l’envie lui prend. Que voulez-vous, Melbourne c’est le haut-lieu de la nourriture, même pour les perroquets à crête jaune fluo.

Girl power!!!
Le cousin du kéa

Mon moment préféré pour me balader à Melbourne ? A la tombée de la nuit. La ville s’anime et se réveille d’une belle énergie, plus encore qu’en journée: les restaurants de Chinatown s’allument, les odeurs de nourritures envahissant les rues, les bars s’ouvrent, les amoureux s’affichent… Qui l’eut crû, Melbourne, c’est LA nouvelle capitale de l’amour ! Enfin, pour ceux qui ne sont pas occupés à s’en mettre plein la panse à Chinatown (c’est à dire, pas beaucoup de monde). Au placard Paris, Venise et autres villes romantiques, c’est à Melbourne qu’il faut tomber amoureux !

Love is in the air!

Ce qu’il y a aussi de bien à Melbourne, quand on approche de la crise de foie, c’est qu’on peut rapidement en sortir et découvrir des endroits sympas et relaxants pour y passer la journée, loin de la relative « tumulte » de la ville. St Kilda, se trouve à une trentaine de minutes de tram du centre de Melbourne. Avec ses cafés branchés, son ambiance hippy, ses magasins « bobo chic » son bord de mer familial et son charmant port, le village aux allures balnéaires invite à la détente et à la flânerie : enfin, pour ceux qui évitent d’être mangés par la grosse bouche de Luna Park !!! Frissons et vomissage de ses ramens et dumplings garanti !

Manger ou être mangé

Autre escapade pour la journée, et non la plus désagréable : la Great Ocean Road, l’une des plus belles routes au monde ! Longue de quelques 243 kms, elle est connue pour ses paysages époustouflants, sa côté sauvage, ses falaises abruptes, ses interminables plages, et ses quelques curiosités de la faune et de la flore, à condition de bien ouvrir l’œil et de ne pas faire trop de bruit… !

Me retrouvant SVF (sans véhicule fixe), encore endeuillée de la séparation avec ma kiwimobile et de mon Appollo, je décide d’opter pour la solution d’un tour guidé, que jadis je haïssais tant et me disais même : « moi ! Vivante ! Jamais ! ». Parquée dans un minibus bondé, m’asseyant sur la seule place restante (dans le coffre), je commence déjà à regretter : puis la guide se met à se présenter et à parler, et ouf ! Je reconnais tout de suite son accent kiwi, je me sens comme à la maison, et commence à me détendre. Passionnée et passionnante, la guide nous raconte avec humour tout ce qu’il y a à savoir sur Melbourne et l’Australie en général, en nous faisant comprendre 2/3 fois, que la Nouvelle-Zélande, c’est quand même mieux. En même temps, elle a l’argument de poids : en Nouvelle-Zélande, il n’y a pas de serpent. Aucun. C’est quand même, y’a pas à dire, bien plus beaucoup mieux.

Le trajet en minibus passe donc à la vitesse de la lumière, et nous voilà vite arrivés à l’endroit tant convoité : la Great Ocean Road, et ses fameux 12 apôtres, ces grands pans de falaise se tenant fièrement dans une splendide eau aux couleurs claires. Je peux donc barrer les « 12 apôtres » de ma bucket list (diantre je n’en finis pas avec mes anglissismes ! Pour qui donc se prend t-elle la bloody frenchy !). L’endroit est fascinant, mystique, paisible ce jour-là, mais pourtant diaboliquement agité d’autres jours, en témoignent les divers naufrages et les arbres complètement penchés par la force du vent. Ces 12 apôtres, qui sont en fait dans la vraie vie… 9 (ils sont fous ces australiens !), me ramènent illico presto en Nouvelle-Zélande, sur ses côtes sauvages et déchiquetées. Encore une fois, les serpents en moins.

Les 12 apôtres

 

Nous poursuivons la folle course de la balade des gens heureux en mini-bus, en direction du « bush » : une vaste forêt aux arbres primaires et à la fougère en folie, qui, me dit-on, pullule de serpents et scorpions en période d’été. Soudainement, je suis bien contente qu’il ne fasse que 10 degrés max à Melbourne, hiver oblige (qui c’est qu’à dit qu’il faisait chaud en Australie!!!). J’entame ma promenade de santé, en m’attendant à chaque instant à tomber donc sur un serpent fou qui me tuerait dans d’atroces souffrances.

Un premier arbre nous offre une distraction dans cette promenade de l’angoisse : un de ces nombreux arbres en Australie avec des « trous » en son tronc, où l’on peut s’y tenir dedans, et y rentrer et sortir à sa guise. Selon les croyances aborigènes, toute femme qui souhaiterait des enfants dans l’année doit y faire le tour 3 fois en passant par le trou, pour augmenter ses chances de fécondité.

Je me suis donc tenue LOIN de cet arbre qui me ferait encore plus flipper que l’armée de serpents assoiffés de meurtres. TRES loin.

L’arbre de la fécondité: manquerait plus qu’on y trouve un serpent à l’intérieur

Un deuxième arbre m’accroche le regard ; et pour cause, c’est le deuxième arbre le plus grand au monde, après le séquoia de Californie ! Difficile donc de le louper. Ici, pas de risque de tomber mystérieusement enceinte à son contact : je prends donc le temps de l’apprécier, lui et toutes ses belles couleurs : du rouge, du vert, du jaune, du gris… Tout comme son collègue Kauri néo-zélandais, cet arbre en impose et nous fait sentir nous humains immensément petit.

Le jour commence gentiment à se coucher, la fatigue se fait même sentir dans les rangs du minibus : pourtant, mes compatriotes, il nous reste une mission à accomplir : la chasse au KOALA. La chasse « visuelle » bien sûr, parce qu’on est d’accord, le Koala, sur l’échelle de la « mignonnerie animale », il est au sommet, on lui voudrait pas de mal. Et au sommet des arbres aussi, tellement haut et bien caché qu’on l’aurait presque loupé ! Heureusement que certains de mes collègues du mini-bus ont l’œil aiguisé (le mien ne portant pas plus loin que la distance entre ma bouche et mon assiette dans un resto de Chinatown).

Je vous sens plein d’amour envers le koala et suis sûre que vous raffolerez de ces anecdotes croustillantes sur cet animal, et qui vous serviront probablement pour combler un blanc dans une conversation badine ou professionnelle :

  • le koala, très solitaire, est un peu une teigne socialement parlant (un peu comme moi mais en pire). L’animal apprécie tellement sa solitude, qu’il n’hésite pas à pousser d’un coup de patte son congénère qui viendrait piquer son arbre. Rien à foutre d’ailleurs que ça soient ses enfants ; un bon gros coup de pied bien placé lorsqu’ils sont en âge de se démerder, et on en parle plus.
  • Le koala, c’est le pire des fainéants (tout comme moi je vous dis) : il dort en moyenne 22 heures par jour. Tout ça à cause de son alimentation : l’eucalyptus est tellement difficile à digérer, que ça le rend juste amorphe, voire légèrement débilos.
  • Petite interlude spéciale Brigitte Bardot : de passage en Australie, et si vous aussi vous adorez la bouille du koala, préférez-donc la région de Victoria pour partir à la chasse visuelle de cet animal dans son milieu naturel : là-bas, il est protégé, et il est strictement interdit de les enfermer en zoo et de les tenir en captivité (à l’inverse du New South Wales, par exemple). Pas cool pour la photo « instagram », d’autant que vous aurez peu de chance de le voir de près, mais hyper cool pour le koala, de toute façon hyper chonchon voire carrément agressif quand on le tient éveillé contre son gré (là encore, similitude frappante envers cet animal et ma propre personne).
    Libérons, le Koala ! Libérons, le koala !
Qui c’est qui voilà

J’ai été agréablement surprise par Melbourne, cette ville amicale, dynamique, gourmande, pleine de surprises et surtout très hétéroclite : je crois n’avoir jamais vu autant de mixité sociale dans une ville, pas même à New York ! L’ambiance y est donc ultra accueillante et les gens très ouverts, la bouffe est bonne (ça, on l’aura compris), la côte sauvage et ses plages sublimes, et les koalas hypers mignons et pas chonchons. Pour l’instant, le kangourou s’est encore bien caché de moi (2 séjours et 1 mois en tout en Australie sans voir de kangourou, c’est quand même un comble !), mais je n’ai pas dit mon dernier mot. En attendant ma rencontre tant attendue avec Skippy, j’emporte mon baluchon et prend un vol direct pour Hobart, capitale de la Tasmanie : la région que depuis des années je rêvais tant de découvrir en Australie. Quitte à en faire un pacte avec le diable…

… de Tasmanie !!! Hahahaha.

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