Glenorchy & Routeburn Track : the Gateway to Paradise

« The Gateway to Paradise », c’est le à juste-titre surnom donné à Glenorchy.

A seulement une heure d’une route « waouuuuw » de Queenstown, l’une des plus grandes villes de l’île du sud, Glenorchy est, sans conteste, un petit coin de paradis.

Route Queenstown-Glenorchy

Tout d’abord, c’est un paradis, puisque selon certains guides de voyage en NZ, l’endroit serait vierge de ces satanés démons de l’enfer : j’ai nommé, les sandflies. Va donc savoir comment ai-je réussi à me faire encore une fois dévorée… !

Mais surtout, est ça c’est vrai, on y vient dans ce petit coin de paradis pour respirer de l’air pur, se prélasser et camper au bord des lacs, tout en admirant les montagnes et les forêts, qui se prêtent parfaitement à la pratique de la randonnée et/ou de la méditation.

Le lieu est tellement beau, préservé, inhabité, sauvage et un poil mystique, qu’il a été choisi par Peter Jackson pour tourner des scènes du Seigneur des Anneaux. Pour les plus initiés d’entre vous : Glenorchy, c’est Isengard… !

C’est également l’un des endroits préférés en Nouvelle-Zélande de Jane Campion, réalisatrice du film « la leçon de piano » : c’est là qu’elle aurait d’ailleurs élu domicile.

Non pas pour y trouver un domicile (quoique) ni pour y croiser Saroumane, j’y vais surtout dans l’optique d’une seule chose : le fameux Routeburn Track !

Le Routeburn, c’est l’une des 9 Great Walks de la Nouvelle-Zélande (au même titre que le Kepler Track), et est connue pour être l’une des plus belles randonnées du pays, voire du monde entier voire de la galaxie. Longue de « seulement » 32 kms, elle relie Glenorchy à The Divide, qui se trouve sur la route des Milfords Sounds.

Le sushi, c’est que s’il faut seulement 32 kms pour la parcourir à pattes, il faut compter 5 heures de voiture pour relier son point de départ à son point d’arrivée.

Si je laisse ma voiture à Glenorchy, et que j’arrive à The Divide, ses deux extrémités, il me faudra donc 5 heures de route pour revenir à Glenorchy récupérer ma voiture, en traversant donc la moitié du pays et de l’Océanie. Soit en faisant du stop, soit en prenant une navette qui me coûterait… 140 dollars : c’est un non négatif non négociable (#radin).

C’est donc la shit. Le caca. Le boudin. Le caca boudin.

Autre option : parcourir 64 kms à pattes, faire donc l’aller retour dans la journée.

Seulement, j’ai déjà beaucoup marché les derniers jours, mes pauvres guiboles sont trop fatiguées pour cela. Je décide donc de faire le lendemain la moitié du parcours (16 kms), puis revenir (16 kms), et faire l’autre moitié une fois que je serai dans le coin des Milford Sounds.

Je me couche donc, sourire en coin, ravie de mon plan si bien échafaudé. Et me réveille hébétée, que dis-je, béate : il pleut des trombes. Étonnant, en Nouvelle-Zélande … (ou pas). Toujours habituée au système breton, qui est qu’il pleut plusieurs fois par jour, je décide de patienter jusqu’à ce que la pluie s’arrête, tout en faisant la danse du soleil: en vain. Mon plan si bien ficelé tombe donc… à l’eau (eau… pluie… haha l’hilarité). J’abandonne donc le Routeburn pour cette fois-ci, le moral dans les chaussettes de rando, et espère avoir plus de chance à son autre extrémité.

Sauf que, hélas, alas… ! Je me mets soudainement à vouloir de l’argent, et travaille pendant 3 mois durant à Te Anau (je ne vous apprends rien, vous qui ne manquez pas une miette de mes péripéties), et par manque de temps, peut-être aussi de motivation, et avec la contrainte de ces fameuses 5 heures de route entre le début et la fin du track, je fais une croix sur le Routeburn…

Puis arrive la fin de ces 3 mois de dur labeur (par là j’entends devoir manger des muffins à l’œil tous les jours): et là, ce gros regret de ne pas avoir fait le Routeburn Track, qui vient me hanter constamment jour et nuit, en m’empêchant presque de dormir, de me nourrir, de vivre (quoi j’en fais trop?). Mi-mai, début de l’hiver, journées très courtes (lever de soleil à 8 heures, coucher à 17 heures) : je me lance. Je sais que je n’aurai pas assez d’heures d’ensoleillement pour me tenter l’aller-retour dans la journée ; puis, mes ongles de pieds se souviennent encore du douloureux et trop frais épisode Kepler Track. Je pars donc dans l’optique de marcher un maximum jusqu’à midi : puis, où que je sois dans le monde à cette heure-là, je ferai demi-tour pour être revenue dans ma voiture avant la tombée de la nuit.

Dès les premiers mètres, ça grimpe sec : moi qui pensais mourir de froid avec un compteur à 0 degré le matin, j’enlève rapidement mes 18 couches de vêtements. Je vous rassure, il m’en restait au moins une, loin de moi l’idée de faire le Routeburn topless. Quoique, ça ferait discuter les kéas pour un moment.

Au bout d’une heure de marche, une première alternative m’est proposée : l’ascension du Key Summit, avec une vue imprenable sur les montagnes du Routeburn Track, des Milfords et sur le Lake Marian. Je passe mon tour, l’ayant déjà fait 2 fois (dit-elle, sur un ton qui se voudrait presque blasé). Mais comme je suis une fille sympa, je vous montre tout de même quelques photos pour vous faire une idée de l’endroit :

ça cuicuite fort rayon piafs

Revenons à nos moutons du Routeburn. Même si, aussi surprenant que cela puisse paraître en Nouvelle-Zélande, je n’ai pas croisé de moutons ce jour-là (trop froid pour eux). La rando, jusque là bien en montée, s ‘aplanit peu à peu, pour se poursuivre dans un décor de forêt. C’est très beau, très vert, mais le traumatisme des 20 premiers kms de forêt du Kepler Track me revient en mémoire : fort heureusement, le Routeburn s’annonce rapidement moins « monotone ». Je tombe au bout de plusieurs kms sur une chute d’eau impressionnante de taille et de beauté. Captivée par l’eau qui tombe indéfiniment et inlassablement, j’y reste presque ½ heure, dégustant barres de céréales sur barres de céréales (reste-il encore des plantations de céréales dans ce monde avec toutes ces barres ingurgitées?), et prenant soit dit en passant du retard sur mon planning de la journée MILITAIREMENT chronométré.

La rando se poursuit, et la cascade laisse rapidement place à un panorama à couper le souffle sur les montagnes. Le soleil n’est pas des plus radieux ce jour-là, et pourtant, l’atmosphère y est parfaite. Les couleurs, mi-automnales mi-hivernales sont douces, et les lumières se reflètent à merveille sur les montagnes.

Au loin, se dessinent les Milfords Sounds, se jetant dans la mer Tasman…

11h30, environ 15 kms dans les pattes : j’arrive à la moitié du track, au Lake Mackenzie. Je n’irai pas plus loin : c’est là que je veux et que je mangerai mon déjeuner, en compagnie d’environ 1 milliard de sandflies. L’endroit est tellement magique que les sandflies peuvent bien me vider de mon sang, ça m’est égal, je ne lutterai pas : je crois bien que j’ai trouvé mon nouveau plus bel endroit que j’aime le plus au monde… Et puis si je meurs là, au moins, je serai directement au paradis (= d’où le Gateway to Paradise…! Bien vu Glenorchy) .

Le Routeburn en soutien à Street Child; n’oubliez pas de faire votre don sur ma cagnotte!!

Lake Mackenzie: le paradis, mon paradis

Au bout d’une heure de contemplation de ce paysage, le cruel dilemme se pose, entre continuer la rando plus loin, en montagnes et dans la partie considérée par beaucoup comme la plus belle du Routeburn, ou rebrousser chemin, et être sûre de revenir au parking avant la tombée de la nuit.

Ce n’est pas vraiment mon genre, mais je choisis la sécurité sur l’aventure (que voulez-vous, je grandis) ; j’en ai déjà pris tellement les mirettes que je ne me sens pas frustrée de ne pas aller plus loin.

Et puis, si j’en laisse un peu, ça me donnera une raison supplémentaire pour revenir en Nouvelle-Zélande (non pas qu’il me faille cela pour me donner envie de revenir…).

J’aurais tout de même fait, mine de rien, plus de 30 kms dans la journée, soit la longueur du Routeburn track, et sans pour autant que cela soit la course, comme sur le Kepler Track. Et si vous vous posez la question, la réponse est oui, je me suis ENCORE étalée de tout mon long sur les derniers kilomètres du track : on ne se refait pas. Mais j’en reviens, comme toujours en Nouvelle-Zélande, et en plus de bleus sur le cucul, avec de belles images pleins les yeux, et le souvenir de l’une de mes journées préférées dans ce pays. Qui, comme mes autres journées préférées, se résument globalement à cela : mes guiboles, la nature, mes barres de céréales, les kéas. Sans les chutes et les bleus par contre : ça, je m’en passerai bien.

Vivement que la vie me ramène à Glenorchy et au Routeburn, au paradis, mon paradis. Cette fois, rien ne m’empêchera de faire la randonnée en entier , pas même ces 5 heures de satané route, pas même ces sandflies, pas même ces ongles de pieds dégueux.

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