Comment j’ai failli mourir en Malaisie

Comment j’ai failli mourir, rendre l’âme, passer l’arme à gauche, trépasser, cesser de vivre, claquer, périr, succomber, décéder, m’éteindre, et oui, crever.

Le champ lexical de la mort est adéquatement riche et varié pour décrire ces vacances de l’extrême en Malaisie !!

“Quoi ? T’as failli crever… ?! C’est t’y pas vrai !”

 

Avant d’entamer mon long récit, et avant que mes parents ne meurent d’une attaque cardiaque : je vous rassure tout de suite, je n’ai pas vraiment failli mourir dans la vraie vie. Mais il me fallait bien trouver un angle… cocasse, pour décrire mes vacances en Malaisie, riches en aventures et rebondissements.

Pour resituer le contexte : le 25 juillet dernier, je débarque en Malaisie, pour des vacances d’un mois bien méritées après toutes mes autres vacances ô combien fatigantes, accompagnée cette fois-ci de ma super copine, que nous nommerons « morue », par souci de préserver son anonymat (de rien, Katel).

Comment j’ai failli mourir d’un choc thermique à Kuala Lumpur

Quelques heures d’errance (personne ne vous dit qu’il existe DEUX putains d’aéroport à Kuala Lumpur), et je retrouve enfin ma morue, après plus d’un an de séparations ; on pue, on transpire, on a le cheveu gras, mais cela n’entache point le plaisir de se retrouver ! Et ça sera finalement le thème de ces vacances (en plus du thème de la muerte) : la sudation et la puanteur. Nous voilà « fraîchement » sorties de l’aéroport climatisé, et là, c’est la claque : +35 degrés de chaleur et d’humidité dans ta face. Moi qui sors tout juste du rude hiver australien, je trésaille : et manque à deux doigts de mourir pour la première fois de ce voyage d’un violent et odorant choc thermique.

“KL”!
Les connasses towers oups les petronas towers

 

Comment j’ai failli mourir d’un curry trop épicé à Georgetown, Penang

Bon j’avoue, à Georgetown, mis à part un mauvais quart d’heure à la selle, pas d’incident majeur à déplorer. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir préparé mon transit petit à petit à de la nourriture épicée avant mon escapade asiatique; que voulez-vous, mon estomac est plus habitué aux viennoiseries et bons fromages (enfin… était) qu’au combo curry-chili-piment-turista. Georgetown, ou Penang, c’est LA capitale malaisienne de la bouffe. À chaque coin de rue, dans des restaurants, des food trucks, des bouis-bouis, un coupe-gorge, un fond de garage, on y trouve de la nourriture en abondance : ça sent bon, on a envie de tout manger, de tout essayer, faisant fi de toute mesure d’hygiène alimentaire de base.

Pour soulager la digestion difficile, le meilleur moyen reste encore de se promener dans la ville de Georgetown, qui regorge de belles surprises et d’insolites découvertes : du Street Art original à gogo, mais aussi de belles bâtisses, vestiges témoignant de l’époque coloniale.

 

Comment j’ai failli mourir piqué par un serpent à Cameron Highlands

Lieu du crime : Cameron Highlands, là-haut dans les « montagnes », là où on apprécierait presque une petite laine (ô, bonheur que de respirer de l’air et de sentir une douce brise au contact de sa peau !). Protagonistes : moi, ma morue, un serpent, qui n’a sûrement pas demandé d’être là (remarque, on a pas demandé qu’il soit là non plus). Heure : après s’être dégourdies les pattes toute la matinée dans les magnifiques plantations de thé de la région, à l’heure du déjeuner, où on avait tellement la dalle qu’on avait autre chose à faire que de se battre avec un serpent, m’enfin, soit. Moyen de locomotion utilisé (par nous, ma morue et moi, j’entends) : un scooter. Dangereux, dangereux scooter. Action : chevauchant notre scooter, et roulant cheveux au vent (je déconne ; toujours, je répète, toujours mettre un casque en scooter, CQFD plus bas).

Alors que nous finissons de dévaler les pentues plantations de thé, nous voilà à un croisement pour rejoindre la « ville ». S’apprêtant à ralentir, la morue pile, quelques mètres avant le stop. Moi, de m’exclamer « morue qu’est-ce tu fouuuus », elle de répliquer, avec la phrase qui tue et qui finira d’achever tout le monde « Y’A. UN. SERPENT. » Effectivement, un léger mouvement de tête de ma part, et d’apercevoir l’immense serpent noir, dressé de tout son long, à deux pas de notre scooter, pas content du tout qu’on ai failli l’écraser. L’instant où il hésite entre attaquer et fuir, semble durer une éternité, pendant laquelle tout le monde retient son souffle : jusqu’au moment où, béni soit le seigneur des serpents, il se rétracte, et s’enfuit en courant (parce qu’un serpent court, c’est bien connu). L’incident ne m’aura finalement coûté que quelques traumatisants cauchemars sur la suite du voyage, où j’imaginais des serpents partout, même dans mon lit. (eurk.)

 

Comment j’ai failli mourir dévorée par un tigre/sucée jusqu’à la dernière goutte de sang par des sangsues/de la rage par des chauves-souris/ d’une crise d’épilepsie dans la jungle de Taman Negara/j’en oublie sûrement !

Ce sont donc des images de serpents plein la tête, que nous nous rendons dans l’endroit le plus hostile de la Malaisie péninsulaire : le parc national du Taman Negara… L’une des plus vieilles forêts du monde, qui abriterait, selon les rumeurs, des éléphants sauvages, des tigres pas très gentils, des singes chapardeurs, des inamicales chauves-souris, des toujours redoutables serpents, des araignées en tout genre et de toute taille, ai-je également entendu parler de rhinocéros… ? La réponse est oui, Jean-Pierre. Et que dire, que dire, de ses saloperies de sangsues. Moi qui croyait que les sandflies étaient la pire création de l’univers…

C’est au terme d’un long voyage en bus, puis d’une traversée en pirogue d’environ 3 heures que l’on débarque dans le village « français » de Taman Negara. (ceci est un message capital et de survie à cette étape du voyage : pensez à faire pipi avant la pirogue je répète pensez à faire pipi avant la pirogue. Ce n’est également pas le bon moment pour souffrir d’une turista. Allez savoir pourquoi, au village de Taman Negara, toute la populasse de touristes français de la Malaisie semble s’y être réunie : des français, partout. Partout. Partout. Comme c’est énervant tous ces touristes français. (Quoi qui c’est qu’à dit que nous aussi on est des touristes françaises ? Ça compte pas, nous on est super mignonnes).

Nous nous renseignons sur les activités proposées dans la d’jungle, histoire d’échapper à l’invasion française. Le gars de la superbe auberge de jeunesse avec THE view de la mort qui tue plus rapidement qu’un troupeau de sangsues assoiffées, nous recommande vivement la rando de 2 jours, 1 nuit au milieu de la d’jungle. 10 kms par jour, avec nuit dans une grotte. Une GROTTE. Oui tout à fait vous avez bien lu.

Avec la morue, nous nous regardons du coin de l’œil pendant plusieurs heures : aucune d’entre nous n’ose dire « Go on y va ! », parce qu’aucune de nous ne veut être responsable de notre mort certaine. Jusqu’au moment où, on se dit, dans un sursaut de courage, «allez on a qu’une vie, let’s go, ça sera peut-être fun ! », sur un air faussement convaincu.
Après une courte nuit d’un sommeil angoissé et de rêves peuplés de serpents, le réveil sonne : départ prévu à 7 heures. Rapide état des lieux du moral avec la morue : drôle de sensation de se dire qu’on s’apprête, volontairement et en échange d’argent en plus, à s’engouffrer au fin fond de l’endroit le plus dangereux de Malaisie péninsulaire, pour 2 jours de souffrances physiques, si ce n’est pire : la MOOOOOOOOORRT.
On se motive comme on peut, avec la carotte à la fin des 2 jours : un bon gros magnum, un bon jus de fruits et un roti canai au village. Et ouais, on se laisse pas aller.

On retrouve la troupe de courageux (de tarés), prêts à comme nous, en chier sa race pour 2 jours. Parmi eux ; 6 français bien sûr, raté pour le plan fuite des touristes franchouillards. Le guide, qui fait ma taille et mon gabarit (oui, lui qui est censé nous défendre du tigre, mais passons), nous file des ravitaillements et le kit du nécessaire pour une bonne nuit douillette et confo en grotte. Le sac atteint facilement 10 kg : easy bien sûr, à porter à travers la d’jungle, sous une chaleur et une moiteur qu’on ne pense même pas qu’il existe sur la planète. Il est l’heure de partir ; une dernière accolade avec la morue, un selfie « avant » la douloureuse, et nous voilà prêtes, baluchon collant déjà au dos transpirant, toujours non sans angoisse.

S’ensuit, encore une fois, entre quelques haltes aux abords de la jungle, un long trajet en pirogue, ennemi n°1 de votre vessie. Encore heureux qu’il fait tellement chaud, que toute l’eau de notre corps s’évapore : envolée donc comme par magie l’envie de faire pipi pour toute la journée. La pirogue nous dépose, au milieu de nul part : ça y est, il faut croire que c’est parti… Je tente de me rassurer auprès du guide, en lui demandant, sur le ton de la blagounette : « y’a jamais eu de mort hein de toute façon ? » Lui, de me répondre, le plus naturellement possible : « si, une fois, une dame qui a fait une crise d’épilepsie avec la chaleur. C’était le premier jour du trek, j’ai dû porter le cadavre pendant les 2 jours, mais bon que veux-tu, ça fait parti du job».
J’ai cru un instant qu’il blaguait : pas du tout.

L’aventure commence donc : après quelques mètres et déjà des litres de transpiration, nous apercevons quelque chose d’étrange… Une bouse d’éléphant ! Ce n’était donc pas un mythe… Malheureusement, de l’éléphant, c’est la seule chose que nous verrons pendant ces 2 jours. Si tout le monde papote au début, faisant connaissance, rapidement, les aventuriers du jour se mettent en mode veilleuse : en mode « survival », pour économiser la moindre force face à l’hostile et redoutable dite d’jungle. De mystérieux bruits incessants, des cris étranges, des bruissements de feuilles inexpliqués, se font retentir tout le long du trajet, ajoutant encore plus d’angoisse à cette marche de l’extrême… Les premières sangsues se font elles aussi bien sentir les connasses ; aux chevilles des aventuriers, des gouttes de sang perlent le long des chaussettes trempées d’humidité dans des chaussures emplies de boue. Le chemin est accidenté par de précédentes tempêtes, il faut escalader des arbres, s’accroupir, sauter par dessus des rivières, voire carrément marcher dedans, éviter la branche vicieuse qui peut sévir et frapper à tout moment. Sans oublier de faire toujours du bruit pour éviter toute nuisance animale un peu trop curieuse…
Un vrai commando de l’armée, je vous dis.

S’ensuit des heures de marche, avec un sac à dos ressenti 100 kg à la fin de la journée : trempés de sueur, couverts de boue, humides jusqu’à la culotte, nous voilà arrivés à notre cosy, confortable et chaleureux point de chute pour la nuit : la fameuse… grotte. Grotte qui avait l’habitude d’héberger des tigres, mais selon les dires du guide, ça fait un petit moment qu’ils n’y sont pas venus.
Bien, bien, bien.

Nous profitons d’une douche chaude et revigorante ; entendons par là, une trempette dans la rivière du coin, infestée de sangsues, et avec les moyens du bord : un seau qui traînait par là.
C’est par dizaine, qu’en sous-vêtements, nous nous délestons de la crasse accumulée de la journée ; une bonne entrée en matière pour faire connaissance avec ses voisins de grotte.
Mes amis : ce qu’il se passe dans la rivière du Taman Negara près de la grotte, reste à la rivière du Taman Negara près de la grotte.

Un repas cuisiné avec amour par notre guide, un jeu du loup-garou pour passer le temps (#colo revival), puis on éteint les bougies, prêts à dormir dans notre léger duvet qui ne nous protégera sûrement pas de la centaine de chauves-souris nous guettant du plafond de la grotte. Soudain, l’hécatombe : le tonnerre, une pluie diluvienne ; c’est la tempête !!! Et un énorme bruit, qui fait trembler tous les recoins de la grotte. En soit, toutes les conditions réunies pour une douce et tendre nuit.

Le matin, réveil à l’aube, le corps endolori, la culotte et les chaussettes toujours trempées d’humidité, revigorés comme on peut l’être après une courte nuit sans sommeil dans une grotte. Le moral des troupes est au plus bas, toutes les affaires sont humides, les courbatures se font sentir, et l’insolite épreuve, pour qui le caca du matin est le caca le plus important de la journée, du soulagement au milieu de la forêt, après avoir bien sélectionné sa cachette, potentiellement près d’un nid de serpents, avec pour seul moyen d’essuyage, une feuille verte mis à disposition de Dame nature.

Le trek peut ensuite reprendre. À la sortie de la grotte, premier obstacle : un immense arbre gît, obstruant la sortie (mystère de l’énorme bruit de la veille résolu). Quand faut y aller, faut y aller : on escalade l’arbre, on a maintenant plus peur de se salir ou de se tremper ; on est rodés. On nous emmène, comme si la nuit d’avant n’avait pas été suffisante, dans une autre grotte ; où l’on découvre, d’énormes crapauds dégueux, de la chauve-souris, encore une fois, de l’araignée en veux-tu en voilà, et ô ! dans un recoin de la grotte, un serpent.
Moi, de me carapater en vitesse, et de me dire : « mais que diable fait-on ici ? Pourquoi?!!! ». Parfois, la vie nous fait prendre des chemins bien cocasses. Celui-là, niveau cocasserie de la vie, on est au top niveau.

Bien sûr, la pluie torrentielle de la veille ajoute du piment à la balade : les rivières débordent d’eau. Il faut donc trouver d’autres chemins, parfois traverser les rivières, avec de l’eau jusqu’à la taille, parfois, grimper sur un tronc d’arbre qui fait office de « pont ». Si tu trébuches et tombe avec disons, dans ton sac à dos ton appareil photo, ton portable, tes fringues, c’est la même. Pas de pitié pour les faibles.

Au bout de quelques heures de marche, enfin, le bout du tunnel (enfin le bout de la d’jungle) : l’arrivée, toujours en sueur, avec, ô délivrance extrême, notre pirogue qui nous attend, pour un retour à la « civilisation » inespéré et… trempé : le plaisantin chauffeur de pirogue se transforme en chauffeur de speed-boat, nous balançant au passage des litrons de flotte sur la tronche.
Sûrement pour faire un premier « décrassage » avant de nous ramener dans nos propres hôtels, et pour noyer les dernières sangsues restantes accrochées à nos papattes, poignets, nuque, visage, et que sais-je encore.

Et vous savez quoi ? Finalement, ce trek de deux jours dans la d’jungle… C’était carrément fun !!!!

D’jungle droit devant
THE view

 

Comment j’ai failli mourir mangée toute crue par un énorme requin aux Perhentians

L’épreuve de la d’jungle terminée, la carotte consomée (combo magnum + jus de fruits + roti canai), il est enfin temps de faire ce qu’on est venu faire en Malaisie, diantre : profiter de vacances douces, paisibles et reposantes. Direction donc l’est de la péninsule, aux îles Perhentians, un petit coin de paradis sur terre. Et c’est bien connu, le paradis est peuplé, encore une fois, de français : on les croise à chaque coin de palmiers. Qu’il en soit ainsi, de toute façon, aux Perhentians, on passe le plus clair de son temps dans l’eau, avec son masque et tuba : les îles Perhentians sont en effet connues pour être l’un des plus beaux endroits de la Terre pour faire de la plongée. Les poissons y vivent par milliers, de toutes les couleurs, de toutes les tailles, de toutes les formes : les tortues se délassent aux abords de la plage, avec leurs copains les bébés requins qui s’approchent par curiosité. Et même moi, qui « survit » dans l’eau plus que je ne nage, je m’émerveille du spectacle, et en redemande.

Voyant que je ne suis pas morte étouffée par mon tuba, nous réservons, avec la morue qui est elle comme un poisson des îles tropicales dans l’eau, une expédition plongée masque et tuba plus au large, et vers des îles plus sauvages. Première plongée, à 4 mètres de profondeur : catastrophe. Je panique, marche par accident sur du corail (aie), manque de me noyer et de me casser une jambe en remontant tant bien que mal dans le bateau, et en toute élégance cela va de soit.

Ne restant pas sur un échec, je réitère l’expérience cette fois aux abords de deux îles magnifiques, où j’ai pied : ça va beaucoup mieux. L’eau est transparente, tellement transparente, qu’on se demande si les autres voient quand on y fait pipi. (Les vacances donnent lieu bien souvent à des questions existentielles, n’est-ce pas ?).
Je prends tellement la confiance, que dernière étape, au large des îles, près d’un phare, 4 mètres de profondeur, je me lance sans hésiter : même plus peur.

Je squatte un énorme banc de poissons qui m’ont pris pour l’un des leurs, je m’émerveille de magnifiques coraux, dit « on est pas mal là, ma Morue. ». Quand soudain… Soudain… Surgit de nul part, l ‘air de rien… un requin. Un RE-QU-IN. Première réaction du pays des bisounours (qui n’a duré que le quart d’une micro-seconde) : « trop cool ! Suivons-le! », puis, la raison de revenir et rapidement de me dire : « wait wait wait meuf. T’es au beau milieu de l’océan en train de nager avec un requin. Ceci est clairement une situation d’urgence. Mayday, mayday, casse-toi ». Je nage donc à toute allure jusqu’au bateau, raflant au passage un record de vitesse de natation, et de m’étaler de tout mon long, en pleurant : «un requiiiin je meurs tuez-moi». La morue, qui elle, pour rien au monde ne sortirait de l’eau : ce n’est pas un requin qui l’en empêcherait, non de non.

(Dans la vraie vie : le requin ne pouvait pas plus s’en cogner de ma présence, il avait bien d’autres poissons à fouetter. Le guide nous dit, par ailleurs, que celui-là c’est un « gentil requin », que seuls les méchants requins tigres, qui sont là aux alentours de septembre, sont dangereux. NDLR: nous y étions mi-août… 15 jours avant septembre, oui oui oui).

Serpents, requins, sangsues, s’en est trop pour bibi, qui décide de passer les prochains jours au calme sur sa serviette de plage. Pourquoi mourir dévorée par un dangereux animal quand on peut mourir tranquillement d’un bon gros mélanome.

Le lieu d’incident du corail
Paradise on Earth
Ma morue, le soleil, le requin, les Perhentians

 

Comment j’ai failli mourir d’un sanglant combat avec un chauffeur de tuk-tuk à Malacca

Mon dieu, ces tuk-tuks. On les croirait inoffensifs, ces discrets et non-ô-combien-kitchissimes tuk-tuks dévalant les rues de Malacca à pleines balles, musique et lumière si fortes qu’elles pourraient réveiller un mort.
Mes amis, que faire, que faire, quand ces tuk-tuks ont l’audace de te faire l’affront de passer en bas de ta fenêtre à des heures pas possibles de la nuit… Cela vous donne juste l’envie de vous couper une jambe à la fourchette, et de la balancer le plus fort possible à la tête du conducteur (la jambe, pas la fourchette. Quoique).
J’ai besoin de MON SOMMEIL. N’importe qui me connaît un tant soit peu et tient un minimum à sa vie sait qu’il ne faut pas me déranger dans MON PRECIEUX SOMMEIL. Tuk-tuk ou non.

Fort heureusement, si l’on fait abstraction de ces tuk-tuks, à égalité avec les sangsues dans l’échelle des pires nuisances de la vie, la ville de Malacca est charmante et très agréable à s’y promener. Indéniablement mon coup de cœur citadin en Malaisie !

L’objet du délit: le discret et élégant tuk tuk

Yummy yummy

 

Comment j’ai failli mourir du classique « accident de scooter » en Asie

Typique. Comment reconnaît-on le vrai baroudeur qui a voyagé en Asie ? À ces cicatrices , pardi ! Vestiges corporels d’un accident de vélo, de scooter, de moto, et même de tuk-tuks pour les plus originaux. Plus douloureux qu’un tatouage, moins esthétique, certes, mais… ! Mais… ! Moins cher, si vous aussi vous optez pour l’option « hôpital » du coin, à des prix défiants toute concurrence: ça réglerait toutes nos histoires de trous dans la sécu en France, je vous le dis. Bon, ce n’est pas exclu par contre que vous vous en sortiez en prime avec une maladie nosocomiale : ça fait parti du jeu, ma pauvre Lucette.

Séparée de ma morue, dont le voyage s’achevait après trois semaines de vadrouillages en Malaisie, il me reste une semaine, le cœur en miettes, à occuper. C’est sur l’île de Langkawi que je souhaite la passer ; de beaux paysages, de belles plages, une auberge sympa, pas mal d’activités pour tenir une semaine ; je dis banco !
Je pars en excursion, le premier jour, en bateau dans la magnifique baie de Langkawi. L’eau y est magnifique, les rochers y émanant nous feraient presque penser à la Thailande du sud (en même temps, on y est plus très loin!). Il fait beau, il fait chaud, le pied. Je rencontre au passage, sur le bateau, un groupe de 3 copains : une allemande, un italien, et un kiwi ! (comme quoi, quand tu ne vas pas en Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Zélande vient à toi). On sympathise, allons manger un verre et boire un bout ! le soir même, et décidons, avec ma nouvelle poto allemande, de partir à l’aventure le lendemain en scooter pour explorer la belle île de Langkawi.

Le jour de répit avant l’accident

Petit couac : ni elle ni moi ne savons conduire un scooter.

(Vous le voyez venir…?!)
Mais bon, si les gamins de 14 ans peuvent le faire, pourquoi pas nous, n’est-ce pas ?!
C’est après un trou-trou que nous décidons qui va conduire : c’est donc ma copine allemande qui va s’y coller : je pousse un ouf ! De soulagement. (de courte durée).

Nous entamons la ballade, si ma poto est un peu hésitante au début, tout se passe finalement très bien. Une grande ligne droite s’ouvre à nous, nous en profitons pour aller un peu plus vite. Jusqu’à… ce fameux virage de la mort. Où nous avons perdu, pour des raisons mystérieuses, le contrôle du scooter. Une seconde pour réaliser ce qu’il se passe, et pouf ! Nous finissons dans le décor, après une chute digne d’un film de fast & furious).

On se relève tout de suite, et ma pote de s’exclamer : « ouf ! C’était moins une ! Allez, on y retourne ! », et moi, horrifiée, de lui faire remarquer : « euuuh meuf, t’as un trou énorme dans le genou ». Puis, coup d’œil vers ma propre patte : moins pire, mais pas fameux non plus. En panique, nous appelons de l’aide : par chance, une voiture s’arrête pour nous conduire à l’hôpital. On s’occupe de ma copine du pays de la saucisse en premier, dont la jambe gauche est… en lambeaux. Elle a un trou de 4 cm de profondeur dans son genou, on y retrouve des cailloux, un écureuil, et que sais-je encore. Pendant une heure, l’infirmière va rafistoler son genou, à coup de désinfectant et de points de sutures, et ma pote de s’époumoner du « scheiss scheiss scheissssss » à gogo. Je la soutiens comme je peux, frôle le malaise vagal et attend non sans angoisse mon tour. Dans mon malheur, je m’en sors plutôt bien : des blessures aux doigts et ongles de pieds (mauvaise, mauvaise idée de faire du scooter en tongs), une sur le dessus du pied, des égratignures sur le mollet, et une blessure sur le genou, peu profonde : j’ai eu de la chance dans mon malheur. Comme quoi, ça doit être un truc historique : regroupons la France et l’Allemagne, et ça fini toujours dans le sang ! Haha !

Blague à part, ce malheureux incident nous aura quand même bien marqué : ma pote allemande, qui n’aura même pas profité de son voyage, s’est faite rapatrier en Allemagne quelques jours plus tard. Six semaines après l’accident, elle ne peut toujours pas marcher, et se bat maintenant contre une saleté de thrombose… Pour ma part, j’ai dû me faire soigner contre une infection de mes blessures, au fin fond du Sri Lanka, dans un hôpital qui juge que changer les draps entre les patients et se laver les mains c’est du « surfait » ! Un très mauvais moment à passer, mais tout va beaucoup mieux aujourd’hui, j’ai évité le pire, et reste bien chanceuse comparé à ma pauvre compatriote allemande.

Mes enfants, écoutez-donc le conseil du grand sage (aka la vieille folle) : pensez à votre casque et à vous couvrir les papattes lors de vos folles virées en scooter. Si vous ne le sentez pas, la marche à pied, c’est très bien aussi, bien plus safe. Quoi que, en Asie, sait-on jamais.
La sécurité routière en Asie, et si on en parlait… ?!!!

Moi à Langkawi, où jadis je pouvais encore plier le genou

Comment j’ai malgré tout survécu à la Malaisie, protégée de tous les Dieux

C’est donc bien une rigolote, la vie qui a mis tant d’obstacles au travers de mon chemin en Malaisie : et ben la vie, tu sais quoi, il en faut plus pour m’achever, et ouais.

(Peut-être un… deuxième scooter ? Haha.)

Ce qu’elle savait pas, la life, c’est que s’il y a bien un lieu où nous sommes protégés des Dieux, c’est en Malaisie. La place accordée à la religion y est primordiale ; les musulmans cohabitent avec les bouddhistes, les taoïstes, les hindous… Les édifices et temples religieux y sont majestueux, les moments de prières, quelque soit la religion, intenses, et les malais toujours heureux de partager un fragment de ses convictions religieuses.

Temple de Kek Lok Si, près de Georgetown

Un Bouddha par ci, un Bouddha par là

Prière bouddhiste et taoïste à Malacca
Batu Caves, près de Kuala Lumpur

Temple Hindou à Kuala Lumpur
Mosquée à Malacca

 

Quoi qu’il en soit, j’ai adoré mon voyage en Malaisie, les retrouvailles avec ma morue, la gentillesse des locaux, la très bonne nourriture, la variété des paysages, les plages magnifiques, les villes animées, la folle d’jungle, la dévotion à la religion, le plaisir de retrouver par hasard deux copines rencontrées en Nouvelle-Zélande, de faire de jolies nouvelles rencontres, et même l’île de Langkawi, une merveille. Les arnaques y sont peu fréquentes voire inexistantes, les réseaux de transports sont au top, le peuple hyper accueillant et souriant, toujours là pour aider. Une destination parfaite pour un premier voyage en Asie !

Et, promis : en réalité, la Malaisie, ce n’est pas si dangereux que ça… !!! On en sort la plupart du temps en vie… et en un seul morceau ! 😉

6 Replies to “Comment j’ai failli mourir en Malaisie”

  1. ça me rappelle des souvenirs tout ça… 🙂 En tout cas, je double triple quadruple confirme pour les problèmes de vessies sur la pirogue du Taman Negara, j’ai bien cru que j’allais en décéder pour ma part!

    1. Haha comme j’ai compatis à ta douleur!!!

  2. Palpitant ce petit article ! Je sais pas si j’ai toujours envie d’aller un jour là-bas du coup… ^^

    1. Ohhh mais non il faut y aller, c’est génial!!!!

  3. A la 1ère lecture, j’ai eu trop mal (pour toi !), du coup, j’ai relu en commençant par la fin qui est plus apaisante !

    1. Haha je savais que cet article n’allait pas te plaire…!!

Laisser un commentaire